16.06.2008

Hôtel de ville

 
 
Par Rotsy Raobelina et Faly Rajaonarison
www.les-nouvelles.com
19 mai 2008

Renaissance d’un patrimoine bâti


La cérémonie de pose de la première pierre pour la reconstruction de l’hôtel de ville d’Antananarivo s’est tenue à Analakely, samedi dernier. Szlon les explications du maire de la ville, les travaux devront être achevés avant la célébration des 50 ans de l’indépendance malgache, c’est-à-dire avant le 26 juin 2010. Le budget total de cette reconstruction s’élèvera à 2,4 milliards d’ariary et des architectes de renoms tels Mamy Rajaobelina ou encore Pardon s’y attelleront. «On essayera de reconstruire quelques chose qui ne détonnera pas par rapport à l’image originelle des arcades d’Antananarivo. Toutefois, ce sera modernisé, surtout pour la décoration de son intérieur.» Tels étaient les propos du maire lors de sa présentation. Et il a également réitéré : «je ferai tout mon possible, tant intellectuellement que financièrement pour relever ce défi. Chaque pays possède son hôtel de ville et Tsimbazaza ne l’a jamais été pour Antananarivo. Il serait donc grand temps de redorer Antananarivo par un vrai édifice digne de ce nom pour que Madagascar tout entier en soit fier.»

Le maire incite également les bienfaiteurs et bénévoles, tant civils qu’étatiques, à l’aider dans cette démarche. En effet, «bâtir ne peut être l’oeuvre d’une seule personne (Ny tao-trano tsy efan’ny irery)» affirmait-il. Il a également mentionné que la moitié du budget prévisionnel (c’est-à-dire 1,2 milliard d’ariary) est déjà disponible. Un fonds qui ne vient pas cas de la caisse propre de la commune mais de donateurs dont le président de la République et d’autres encore. Par conséquent, Andry Rajoelina incite monsieur tout le monde à verser des fonds pour pouvoir terminer ce travail d’Hercule à temps.


Architecture et plan

Le plan de reconstruction a également été mis au grand jour samedi dernier. Tout d’abord, pour ceux qui ont déjà eu l’occasion de visiter ce bâtiment il n’y aura pas de grand changement car le maire a tenu à ce que les salles soient érigées comme à l’époque. «Ce sera donc comme si l’hôtel de ville a toujours été là mais qu’il a tout simplement rajeuni et modernisé» a ajouté le maire. Seulement, pour pouvoir assurer ces travaux, il a fallu faire appel à un expert. Et en réponse, ce n’était pas seulement un expert mais des groupements d’experts en bâtiments qui vont travailler d’arrache-pied pour garder l’esprit original de De Cantalou lorsqu’il a construit les arcades à l’époque, tout en apportant quelques touches de modernisation. Rajaobelina, représentant le groupement des architectes malgaches, ainsi que Pardon, représentant les experts étrangers se sont même lancé le défi comme quoi, cet édifice sera érigé à l’image de la fierté de chaque Malgache qui le visitera. En tout cas, cet hôtel de ville aura un étage en forme de mezzanine et il y aura un grand salon pour les grandes réceptions, un musée, des salles de réunion, des bureaux et bien d’autres encore…


36, un chiffre à retenir


L’hôtel de ville a été construit par l’architecte De Cantalou vers 1935 et son inauguration a eu lieu le 7 mars 1936 avec les personnalités mondaines d’Antananarivo, ainsi que quelques membres de l’équipage du bateau Jeanne d’Arc. 36 ans après, le mouvement populaire de mai 1972 a brûlé l’édifice. 36 années après, le 17 mai 2008, le septième maire de la ville, Andry Rajoelina a lancé le défi de sa reconstruction.
Décidément, le chiffre 36 est donc à retenir mais espérons que 36 années plus tard, l’édifice sera encore là, et pourquoi pas, rénové à nouveau ?
 
Rétrospective 

«La levée de fonds en vue de reconstruire l’hôtel de ville date de l’époque où Guy Willy Razanamasy était à la tête de la commune d’Antananarivo. Il est grand temps que la reconstruction se concrétise» déclare Randrianasolo Raveloson, chef de service des archives nationales. D’après l’analyse des archives relatives au 13 mai 1972, date à laquelle l’hôtel de ville a été incendié, et ce qu’il a vécu, ce responsable souligne que le malaise a débuté dès 1971. «Le diplôme délivré par la faculté de médecine de Befelatanana n’était pas reconnu au même titre que celui délivré par la faculté de médecine d’Ankatso. Cela a engendré des frictions entre les étudiants et le dialogue n’a abouti à aucun consensus» explique-t-il. Et de continuer : «Ce malaise a fait tâche d’huile pour toucher l’enseignement général et la fonction publique. La situation a pris une tournure politique d’autant plus que la plupart des étudiants d’Ankatso étaient partisans du MFM. Des grèves ont eu lieu, même à Fianarantsoa. La mort de Modeste Randrianarisoa, étudiant à Ambalavao, suite à un affrontement avec la Force républicaine de sécurité (FRS), était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dans la nuit du 12 mai 1972, la FRS a effectué un coup de force à Ankatso. Cela s’était soldé par l’exil d’étudiants à Nosy Lava. Le lendemain, l’hôtel de ville a été incendié».

Toujours selon les explications de Randrianasolo Raveloson, «Le discours du président Tsiranana quant à l’intervention de la FRS à Ambalavao a été compris de travers par la population. En gros, il disait qu’aucun recours à la violence n’avait eu lieu et que si c’était le cas il y aurait eu cent ou mille morts. Mais la population, déjà sur le qui-vive, a cru comprendre que le président menaçait de tuer cent ou mille personnes». Et d’ajouter : «Tsiranana avait demandé l’intervention de l’armée française, dont les casernes se trouvaient à Arivonimamo et à Diego, mais elle avait refusé l’ingérence. Et le 18 mai 1972, Gabriel Ramanantsoa était devenu président».








Commentaires

Sehr geehrter Herr Bürgermeister.
Wir möchten ihre Stadt am 13.02 Besuchen.
Könmnen Sie für unsere Sicherheit Garantieren ?
Entschuldigung leider Sprechen wir kein Französisch.
Grüße
Jürgen Braun &
Beate Strittmatter

Ecrit par : Braun Juergen | 31.01.2009

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